Un pro et un antisectes s’affrontent
La Miviludes reproche à l’Église de scientologie d’exercer une activité de lobbying en prenant comme exemple l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopérat.ion en Europe). Qu’en dites-vous ?
Danièle Gounord. C’est scandaleux ! C’est une atteinte à la liberté d’expression. C’est une tribune que nous pouvons utiliser quelques minutes deux fois par an pour défendre notre point de vue et répondre aux attaques comme celles de la Miviludes.
Jacques Miquel. Il n’y a pas que la Scientologie qui a infiltré l’OSCE, grâce à des ONG faux-nez avec lesquelles elle manipule cet organisme. Les sectes utilisent aussi le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme.
L’action et l’existence de la Miviludes ont été critiquées par la ministre de l’Intérieur et une conseillère de l’Élysée. Qu’en pensez-vous?
D. G. La Miviludes ne respecte pas son devoir de neutralité. Elle a évincé les universitaires qui en étaient membres et qui ne se sentaient pas libres. Nous avons demandé la création d’une instance de médiation, d’un observatoire qui serve d’interface.
J. M. La Miviludes fait un excellent travail. Dans le rapport remis hier, elle met en avant l’augmentation des dérives sectaires dans les domaines de la santé, de la formation professionnelle, des enfants. C’est son caractère interministériel qui lui permet de soulever des affaires qui n’ont rien à voir avec le religieux. Le supprimer serait tuer l’institution.
Justement, quel est, selon vous, son avenir ?
D. G. Nous n’avons pas changé d’avis. Nous souhaitons sa disparition sous sa forme actuelle. Nous ne demandons pas, en revanche, de révision de la loi de 1905. Simplement, nous souhaitons pouvoir pratiquer notre spiritualité en paix.
J. M. Le gouvernement maintient la Miviludes. Mais je constate que depuis les déclarations de Mme Alliot-Marie, les préfets ne nous invitent plus aux réunions des cellules de vigilance. C’est une régression.

