Nature humaine : à la recherche de l’idéal

L’Homme est-il fait pour s’adapter à son milieu ou le changer ?

« L’Homme réussit. C’est évident puisqu’il est encore là aujourd’hui, après des éternités de tâtonnements, de planifications correctes et incorrectes. Et il réussit parce qu’il peut changer. »

Le voyage de l’Homme jusqu’aux temps présents a commencé il y a des éternités. Génération après génération, affrontant des effusions de sang et des massacres, des tremblements de terre et des raz-de-marée, cheminant dans la boue et sur des terres desséchées, connaissant la misère, les travaux pénibles, dans le chagrin et le bonheur, génération après génération il a progressé jusqu’à devenir le maître du monde et le seigneur de tous les royaumes.

Quel est l’état idéal de cet animal appelé Homme ?
Quels sont ses buts ? Quelles sont ses limites ? Qu’y a-t-il en lui de bon ou de mauvais ?

« Est-il tout simplement possible de changer la nature de l’Homme ?… Son aptitude à changer est presque illimitée. »

Au cours de ses aventures, l’Homme a fait une découverte très importante qui, depuis lors, l’a toujours tracassé. Il a découvert qu’il possédait un mental. Il a découvert qu’il pouvait penser. Il a finalement compris que son mental était sa meilleure arme. Et il a découvert que les privations, les blessures ou peut-être les démons pouvaient le priver de la pleine utilisation de cette arme : son mental.

Au long des âges, avec les philosophes, les chamans et les prêtres, il a tenté de résoudre cette préoccupation majeure et donc de résoudre un problème fondamental. l’Homme s’interroge sur ce qui cloche dans son mental et veut savoir, si possible, ce que pourrait être l’état mental idéal.

Il a cheminé sur nombre de sentiers étranges, en quête de réponses à ces problèmes. Il s’est assis au sommet de montagnes ou au fond de grottes pendant des vies entières, simplement pour méditer sur cette énigme qu’est l’Homme. Il est parti en guerre, il a connu la faim, il a travaillé, il a proféré des injures et écrit, uniquement pour résoudre ces deux mystères.

À l’heure où ces lignes sont écrites, son mental terriblement complexe a donné naissance à une idée, et ses mains ont forgé une arme qui peut le réduire à néant une fois pour toutes en détruisant toute civilisation. Il DOIT donc résoudre les deux principaux mystères de son mental.

La nature de l’Homme peut-elle être changée avant que ses œuvres ne disparaissent pour toujours sous l’impact de sa création la plus puissante : la bombe atomique ?

Est-il seulement possible de changer la nature de l’Homme ?

En fait, il n’y a rien de plus flexible que la capacité de l’Homme à penser et à croire. A une époque ou à une autre, ici ou là, l’Homme a accepté ou cru des choses qui étaient bien plus étranges que celles contenues dans les livres de philosophie. Son aptitude à changer est presque illimitée. Ce n’est pas un vain postulat d’estimer que la nature de l’Homme puisse changer complètement en quelques années, quel que soit l’endroit du monde où il vive. Il suffit de regarder son passé pour découvrir de tels changements de points de vue et de personnalités. L’inertie des populaces est un mythe. Prenons l’exemple de saint Paul : sa venue à Rome, il y a presque deux mille ans, a changé le statut de tous les esclaves romains à la vitesse de l’éclair : l’apparition d’un moine en Angleterre au début du dernier millénaire a changé l’étroitesse d’esprit des habitants de cette île en quelques mois, fit partir en croisade des hordes tonitruantes emplies de piété et d’un zèle inexistants avant sa venue. Au cours du dernier quart de siècle, le collectivisme a jailli de la pensée d’une poignée de révolutionnaires désespérés, changeant ainsi les méthodes et les habitudes de vie de la majorité, ou presque, de la population mondiale.

Si l’Homme peut créer autant d’impact, changer un seul individu devrait sembler relativement simple. Et c’est le cas. Avec un savoir nouveau et nombre de ses problèmes passés et présents soudainement résolus, en quelques semaines, un individu peut présenter à ses semblables un visage remarquablement différent.

L’Homme est habitué au changement. L’intensité de son aberration vient, en général, du sentiment qu’il lui faut protester contre le changement. Et ce, parce que son environnement a changé presque chaque jour, au fil de chacune de ses vies et tout au long de la ligne évolutionnaire.

L’Homme réussit. C’est évident puisqu’il est encore là aujourd’hui, après des éternités de tâtonnements, de planifications correctes et incorrectes. Et il réussit parce qu’il peut changer.

Il s’est complètement absorbé dans la conquête de son environnement et cela a été un but personnel captivant. Chaque fois qu’il a échoué à conquérir et à contrôler son environnement, il a procédé à de grands changements dans la forme et dans les méthodes, puis s’en est retourné vers son royaume.

L’Homme NE s’adapte PAS à son environnement. Il adapte l’environnement à lui-même. Et c’est en cela que réside son succès. Lorsqu’il échoue à adapter son environnement, lorsqu’il tarde à en prendre totalement le contrôle, il se dénature, lui-même ou ses idées, et ainsi jusqu’au moment où il peut à nouveau changer son environnement.

Dans son effort à contrôler les autres, l’Homme, soucieux du mental et de son état d’être, a adopté des philosophies esclavagistes. Toute personne qui invente ou qui adhère à de telles philosophies, tente plus au moins d’échapper à l’esclavage et cherche, ainsi, à annihiler la force des autres. C’est un truc qui fonctionne à une très petite échelle parce que, en fin de compte, il prend au piège celui qui l’utilise. C’est une loi démontrable, pas une opinion : Celui qui réduit ses semblables en esclavage se prend lui-même au piège. Une « thérapie » dont l’enseignement consiste à dire que l’Homme devrait s’adapter à l’environnement plutôt que d’adapter l’environnement à lui-même est l’exemple type d’une philosophie esclavagiste. Ça ne marche pas, pour la bonne et simple raison que c’est le contraire de la vérité.

« L’Homme NE s’adapte PAS à son environnement. Il adapte l’environnement à lui-même. Et c’est en cela que réside son succès. »

Chaque Homme, quelle que soit sa race, cherche d’une manière ou d’une autre à s’élever au-dessus de tout. En cela réside son salut et, dans le cadre de ses sociétés, sa chute.
Les tentatives d’esclavagisme naissent tout d’abord de la peur. La peur survient avec la perte de confiance en ses propres aptitudes à faire son chemin. Et c’est ainsi qu’on crée un monde où, pour acquérir la confiance en soi, on dérobe la leur aux autres. Cela ne peut pas marcher dans une société complexe.

Le problème de l’Homme n’est pas nouveau. Il a besoin d’une solution de toute urgence. Quel est le défaut de son mental ? quel serait son état idéal ?

Avant de pouvoir définir ce qui ne va pas chez l’Homme, on devrait avoir une bonne idée de ce que peut être son état idéal. En d’autres mots, avant de pouvoir réparer une radio, on devrait savoir ce qu’elle est censée faire et comment elle fonctionne lorsqu’elle est en parfait état.

Quel est, et cette question aurait dû être posée il y a déjà quelques milliers d’années, un état idéal pour l’Homme ? Dans quel état d’esprit réussit-il le mieux ? Qu’est-ce qu’un être humain qui va bien ? qu’est qu’un être humain heureux ? quels sont les buts de l’Homme ? dans quelles conditions physique et morale un être humain doit-il se trouver pour vivre mieux et plus longtemps ? que veut faire l’Homme ? Qu’essaie-t-il d’atteindre ? Qu’est-il ?

Avant de se permettre d’avancer les théories sur la libido, les lobotomies préfrontales et les cristaux magiques de guérison, il faudrait avoir une idée de la direction dans laquelle vont ses efforts.

Lorsqu’il répare un pont, un ingénieur doit avoir connaissance de certains éléments liés à ce dernier, comme : l’usage qui va en être fait, les charges qu’il devra supporter, sa solidité et les facteurs qui pourraient faire qu’il s’écroule à nouveau. Il suffit de raisonner. L’ingénieur ne va pas regarder le pont qu’il doit réparer, pousser un soupir, dire que le problème est trop compliqué, se chamailler avec d’autres « autorités » en la matière, mettre la dynamite au mauvais endroit, faire tout exploser ; et ensuite se demander pourquoi il n’y a plus de pont et commencer à expliquer aux gens autour qu’on l’avait appelé trop tard, que c’est toujours comme ça, et que, de toute façon, les ponts ne valent rien.

Malheureusement, il semblerait que cette méthode soit celle utilisée pour aborder le problème du corps et du mental humains.

Si l’on veut rétablir le corps et le mental humain, on devrait connaître leur condition optimale. Cela serait le début d’une réponse à la question : comment le mental et le corps peuvent être rétablis. Ce serait ensuite le début d’une réponse quant aux conditions et à l’environnement les plus favorables pour le corps et le mental de l’Homme.

Après cela, on pourrait rechercher ou inventer des moyens qui permettraient de parvenir à une condition idéale.

Apparemment le but de l’Homme ici sur Terre est de « survivre ». Et, par survie, on entend tout ce qui y est nécessaire, y compris l’honneur, les codes moraux, l’idéalisme et toutes ces choses qui rendent la vie supportable. En l’espace d’une vie, un homme survit aussi longtemps qu’il le peut, au plus haut niveau possible d’activités et de bonheur.

Lorsqu’il n’a plus l’espoir d’atteindre cet idéal, il succombe. Et bien que cela puisse provoquer l’incrédulité, apparemment seul le corps humain meurt, ensuite l’Homme renaît à la vie et cela est très facilement démontrable, de bien des façons et avec une implacable et constante précision scientifique. La valeur de la mort n’est pas minime puisque, sans elle, l’Homme en serait encore au stade d’algue dans la mer ; sans la mort, l’Homme serait forcé de vivre dans un corps qui ne conviendrait plus à son environnement.

Tout au long de la chaîne évolutionnaire sur le plan physique, l’Homme essaie d’exercer de plus en plus de contrôle sur son environnement. Ce n’est pas l’environnement qui contrôle un homme en bonne santé. C’est l’homme qui le contrôle. Un home malade, névrosé ou fou a tendance à être contrôlé par ce qui l’entoure. La santé et les aptitudes d’une personne augmentent dans la mesure où elle exerce lus de contrôle sur son environnement. Et, réciproquement, plus une personne exerce de contrôle sur son environnement, plus elle est heureuse et en bonne santé.

Il y a donc un second but. De toute évidence, l’Homme survit afin d’atteindre un meilleur contrôle de l’univers matériel. L’univers matériel est composé de matière, d’énergie, d’espace et de temps.

Bien sûr, l’homme peut avoir d’autres buts en dehors de l’univers matériel, mais nous remarquons qu’ici, sur Terre, c’est la conquête de l’univers matériel qui le tourmente le plus. Bien sûr, il est également préoccupé par ses voisins et par les organismes vivants en général puisqu’il vit en symbiose avec eux.

La plupart du temps, toute vie est engagée dans cette conquête, et l’Homme est la forme de vie la plus avancée sur terre. Sans l’effort commun de toute vie, une conquête de l’univers matériel ou même la survie minimale serait impossible. L’Homme est un mécanisme complexe qui dépend de formes de vie inférieures qui, à leur tour, sont capables d’absorber la lumière et les composants chimiques pour se transformer en une nourriture aussi élaborée que les protéines.

Le premier élément de l’état idéal est : je suis. Shakespeare avait raison en posant la question « être ou ne pas être ? ». Lorsqu’un homme essaie de prendre une décision, cela revient à choisir entre deux choses : être ou ne pas être. Le plus haut niveau d’un état désirable est : je suis. Aucun doute sur le fait d’être, aucune inquiétude sur le futur. Le plus bas niveau de survie serait : je ne suis pas. Entre les deux, se trouvent les doutes, les contorsions et les indécisions de celui qui est las, de celui qui est en colère et de celui qui est effrayé. Lorsqu’un homme a pris une décision quant au cap qu’il compte prendre, c’est à ce moment-là qu’il se sent bien. Dans n’importe quel choix, il n’y a que deux décisions possibles : être ou ne pas être.

Il nous faut alors tenir compte des échelles graduées. Les succès sont de petites parcelles de vie. Les échecs sont de petites parcelles de mort.

On pourrait dire que l’état idéal de l’Homme serait une réussite totale dans tous les domaines. À l’opposé, on peut avoir si peu de réussite que l’on est mort.

Le point suivant de l’état idéal serait : je sais, dont l’opposé serait : je ne sais pas. Les doutes, les inquiétudes, les longues et pénibles heures d’étude, tout cela se situe sur une échelle graduée entre je sais et je ne sais pas. Quel Homme ne frissonne pas un tant soit peu face à l’inconnu ?

Le point suivant de l’état idéal serait : la sérénité qui se trouve en haut d’une échelle et qui va en diminuant jusqu’à l’échelon opposé qui est la mort, après être passé par l’allégresse, l’enthousiasme,la gaieté, l’antagonisme, la colère, la peur, le chagrin et l’apathie.

La confiance est le point idéal sur l’échelle qui va de la confiance à la défiance.

L’idéal de longévité serait « toujours dans un corps parfait » et, à l’opposé, le bas de cette échelle correspondrait à la mort.

Dans un état idéal, on assumerait l’entière responsabilité de tout, et l’état indésirable contraire serait : n’assumer aucune responsabilité.

Enfin, et ce n’est pas le moindre, il y a cause et effet. L’état idéal de chacun est d’être la cause. Le moins désirable serait l’état d’être effet. Être effet à son point ultime correspondrait à la mort.

Nous avons donc là un bref énoncé de ce que pourrait être un état idéal. Nous n’avons mentionné que quelques points mais ils seront utiles.

Idéalement, une personne serait pleinement consciente d’être, et donc le serait. C’est : je suis. Elle aurait du succès en toute chose. Elle saurait. Elle serait sereine. Elle aurait confiance. Elle serait dans une forme physique éblouissante. Elle pourrait assumer pleinement ses responsabilités. Et elle serait entièrement consciente qu’elle est la cause des choses et ne le serait pas à contrecœur.

Naturellement, il ne serait pas désirable d’atteindre entièrement ces absolus puisqu’alors on manquerait d’action. Mais les atteindre d’aussi près que possible serait une condition désirable.

Le plus étrange est que, lorsque quelqu’un renonce à atteindre un des ces aspects idéal, il rencontre des difficultés à atteindre tous les autres. En fait, ce sont des parcelles de vie entièrement interactives.

Il va sans dire qu’un état idéal de l’Homme ne comprendrait aucune maladie et inaptitude à se contrôler soi-même ou à contrôler son environnement. Le contrôle de soi et de son environnement dépend de son succès à s’approcher de l’état idéal.

Ron Hubbard
Extrait du livre Guide pour préclairs

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