La baisse de la consommation de psychotropes est un défi pour le nouveau gouvernement
Les économies à réaliser deviennent un enjeu de croissance.
Dans un rapport d’avril 2012, l’OCDE demande à la France d’éliminer les dépenses budgétaires inefficaces et plus particulièrement de se pencher sur son système de santé. Même si les médicaments psychotropes ne sont pas expressément cités, le rapport insiste sur la nécessité de dérembourser les médicaments inefficaces. On ne peut que rapprocher cette requête de l’OCDE du rapport publié par le Haut Conseil de Santé publique intitulé « la santé en France et en Europe : convergences et contrastes » qui constate que « la population française consommerait deux fois plus de médicaments psychotropes que la moyenne des pays qui lui sont limitrophes ».
Par ailleurs, une étude sur les antidépresseurs a montré que ces médicaments n’étaient pas plus efficaces que les placebos contre les dépressions légères.
Pourtant, la France dépense plus d’un milliard d’euros chaque année pour rembourser cette classe de médicaments très controversés. Pour Mylène Escudier, Présidente de la Commission des citoyens pour les droits de l’homme, une association créée par l’Église de Scientologie pour dénoncer les abus psychiatriques, les campagnes visant à réduire cette consommation restent trop timides : « l’État se heurte à des intérêts et à des mécanismes très forts. Les laboratoires ne souhaitent pas réduire la consommation, les psychiatres qui vivent de la prescription et parfois de la promotion de ces drogues non plus, et les campagnes marketing qui mettent en avant de nouvelles pseudo maladies fictives (comme l’hyperactivité ou le trouble d’anxiété sociale) ont pour but d’augmenter la consommation ». En attendant, non seulement les finances publiques en pâtissent, mais les victimes des effets de ces produits se comptent par milliers, les effets secondaires étant particulièrement nombreux et parfois même fatals.
La baisse de la consommation de psychotropes est donc un défi pour le nouveau gouvernement, et cette foi-ci, l’OCDE nous regarde.
